Portrait (rappel il s’agit de portraits réalisés entre 2019 et 2021)
portrait d’un couple bouliste Sylviane et Loulou GIRARD licenciés de la boule fraternelle de Polliat,
1) A quel âge as-tu débuté les boules et où ?
Nous devons avoir une licence depuis une dizaine d’années et depuis
toujours fidèles au club de Polliat. Nous avons commencé par les concours
de vogue du lundi avec 3 parties pour tous et un repas pour finir la journée.
La composition de l’équipe était mixte et toujours la même : Michelle et
Roger Fructus, Sylviane et Louis Girard.
2) Comment es tu venu aux boules et pourquoi ?
Loulou : Mon premier contact avec les boules, je devais avoir 10 ans et les
samedis et dimanches j’accompagnais mon grand père au clos Fructus en
bas de la gare et quand il manquait quelqu’un, je complétais. Je me rappelle
avoir fait un fédéral en catégorie jeune et ensuite une longue période
consacrée à d’autres sports.
Sylviane : J’ai essayé parce que Loulou jouait et j’ai trouvé qu’il y avait une
bonne ambiance.
3) Quel est ton meilleur souvenir ?
Loulou : J’ai plein de bons souvenirs, mais j’en retiens deux. Mon premier championnat de France en doublette à Feurs (2017) avec Christophe Chérie. On perd en quart de finale, très content du résultat mais une impression qu’on pouvait aller plus loin. Notre victoire au fédéral 2019 (on est toujours les tenants du titre), avec mon frère Michel, Roger Fructus, Christophe Chérie et Jean Marc Drujon. Le fédéral dans l’Ain est une très belle et très dure épreuve et qui est bien plus « glorifiante » quand on se qualifie, que de passer par les OPEN
Sylviane : mes trois championnats de France, en 2016 à l’ Arbresles avec Carmen Roux et Laurie Dodard. En 2017 à Feurs en doublettes avec Carmen et en 2019 à Albertille toujours avec Carmen et également Michelle Fructus et Evelyne Guy. Ce qu’il y a de bien c’est qu’en 2017 et 2019 il y avait chaque fois une autre équipe de Polliat de qualifiée
4) Quelle est ton épreuve préférée ?
Loulou : J’aime bien toutes les épreuves à partir du moment où il y a de la convivialité avec une petite préférence pour le double et le mixte.
Sylviane : J’aime bien l’ambiance des AS féminins et les belles rencontres humaines avec les autres clubs.
5) A ton avis que faudrait-il faire pour améliorer ou simplifier ce sport ou as-tu une conclusion pour cet entretien ?
Loulou : répondre à cette question, c’est donner son avis sur l’avenir du sport boules ou comment donner envie de prendre et surtout conserver sa licence et rabaisser la moyenne d’âge des licenciés. Il y a sûrement un tas de réponses, mais personnel-lement je pense que pour avancer, il faut regarder devant et je trouve qu’aux boules on regarde encore trop derrière. La vie a changé et le bouliste des années 2020, n’est plus celui des années 70. Bien sûr il faut aller vers les jeunes, mais aujourd’hui on collecte pour eux beaucoup d’argent pour un résultat durable qui n’est pas bon. Les jeunes d’aujourd’hui ont tellement de possibilités différentes (et tant mieux pour eux) qu’il y a très peu de chance que les boules soient leur premier choix.
Dans pratiquement tous les portraits que tu as fait jusqu’à présent, les gens sont venus aux boules parce qu’ils accompa-gnaient un membre de leur famille, donc à mon avis, pour récupérer des jeunes, il faut cibler la tranche des parents qui arrê-tent leur sport principal (foot, rugby, basket..), ils ont entre 35 et 45 ans et encore l’esprit sportif. Et la chance des boules aujourd’hui c’est la mixité, tu peux pratiquer dans la même équipe que ton conjoint, donc pourquoi ne pas proposer un tarif familial dégressif sur le prix des licences. Il faut agir dans un contexte gagnant/gagnant, c’est la masse qui sauvera notre sport.
En ce qui concerne les concours, quand tu es compétiteur, c’est vrai que par élimination directe, c’est plus excitant, donc il faut en conserver sous cette forme mais je crois qu’il faut surtout donner la possibilité au plus grand nombre, quand ils viennent faire un concours, c’est d’être sûr de faire plusieurs parties (système Aurard, mini bol d’or...) et surtout ne pas oublier les mixtes. Garder les gens sur place, c’est aussi un intérêt pour les organisateurs (gagnant/gagnant).
Quand on est dirigeant, je pense qu’on se doit de proposer des nouveautés, et prendre le risque que cela ne marche pas à tous les coups (on apprend souvent plus d’un échec que d’une réussite). Mais dans tous les cas ce qui est le plus important, c’est la convivialité et donner l’envie de revenir.
Sylviane : Au plus jeune âge, sensibiliser les jeunes dans les écoles et essayer d’en attirer quelques-uns vers les clubs.
Anecdote de Sylviane :
Cela se passe en 2016, pour un de leur tout premier fédéral, notre novice équipe féminine composée de Carmen Roux, Laurie Dodard et Sylviane Girard, passe le samedi et revient jouer le dimanche matin. Elle gagne la première partie et ensuite elles rencontrent une équipe beaucoup plus expérimentée. Le début de la partie n’est pas bon et elles sont rapidement menées. Assez décontractées, elles refont petit à petit surface alors qu’on sent un énervement dans l’équipe adverse. Au bout du temps réglementaire, l’équipe de Polliat s’impose sur le fil. Comme d’usage, nos joueuses vont embrasser leurs adversaires, qui elles sont complètement anéanties. Sylviane va ensuite au bureau pour donner le résultat. Au bout de quelques minutes , on la voit sortir en sautant de joie, une enveloppe à la main. Elles venaient de gagner la partie qualificative pour leur premier championnat de France et elles ne le savaient pas.
ndlr : le sport c’est aussi dans la tête, est-ce que le résultat aurait été le même si elles avaient su ?